Qui est Nicolas Fuento ?
J’ai assisté à plusieurs conférences de Nicolas Fuento (présentiel et en ligne), notamment sur la loutre, mais aussi sur les reptiles. Nicolas est chargé de mission faune en Provence.
C’est grâce à l’une de ces conférences que j’ai pu créer, bien structurer et avoir une bonne base d’informations de terrain pour mon article sur les 10 principaux serpents de Provence.
J’ai particulièrement apprécié qu’il recherche à créer du lien : activités humaines et respect des habitats d’autres espèces peuvent sembler aux premiers abords antinomiques. Nicolas nous enseigne, par son exemple, que ça requiert une ouverture d’esprit et de la réflexion pour trouver cet équilibre.
Je lui ai posé 3 questions, et malgré son planning déjà bien fourni, il a trouvé un peu de temps pour y répondre.

Interview
Pourriez-vous vous présenter : votre formation initiale, votre parcours professionnel, votre domaine de spécialisation, etc.?
Je m’appelle Nicolas Fuento, j’ai 33 ans. Je me suis très vite spécialisé dans l’inventaire et la conservation de la nature puisqu’après la seconde j’ai quitté le cursus classique pour faire un Brevet Technicien Agricole Gestion de la Faune Sauvage à Roman-Bourg-de-Péage. Je suis ensuite parti en Guyane faire un BTSA Gestion et Protection de la Nature. Enfin j’ai terminé mon cursus scolaire par une Licence Pro Analyse et Techniques d’Inventaire de la Biodiversité à l’université Lyon1. Cette dernière formation s’est déroulée en apprentissage que j’ai effectué au Parc Naturel Régional du Luberon.
À la suite de ces formations j’ai effectué plusieurs CDD à la LPO PACA à partir de 2016, entrecoupés de voyages en Inde et en Afrique notamment. Depuis 2020 je suis en CDI à la LPO PACA, je travaille sur des missions principalement axées sur les reptiles et les amphibiens.
Parmi les espèces dont vous vous occupez figurent les serpents. Ils sont très méconnus du grand public. Comment l’expliquez-vous ?
La première raison selon moi est leur discrétion. Le propre d’un serpent est de se fondre dans son environnement sans être vu. Cette stratégie de mimétisme lui permet de pouvoir passer de longues heures au soleil pour se chauffer, en étant à l’abri des prédateurs. Pas de chant mélodieux ni de belles parades nuptiales chez les serpents. Ces caractéristiques les rendent difficiles à observer. Même pour un œil averti, la plupart du temps l’observation ne dure que quelques secondes avant que le serpent ne prenne la fuite.
Ce comportement discret vient malheureusement servir et alimenter la deuxième raison de cette méconnaissance qui est la peur de ces animaux transmise de génération en génération. On continue très régulièrement de m’affirmer que des vipères ont été lâchées par hélicoptère ou que des serpents auraient suivi dans les hautes herbes des promeneurs qui tentaient de fuir…
Tout ça résulte d’histoires entendues depuis la plus tendre enfance par les parents ou les grands parents, et qui n’incitent pas à s’intéresser à ces animaux pourtant fascinants.
De cette méconnaissance / ignorance, naissent des peurs infondées vis-à-vis de certaines espèces. En se limitant à la Provence, pourriez-vous pour chacune des espèces listées ci-dessous, suggérer le meilleur comportement à avoir si on en trouve une dans son garage ou chez soi ?
Coronelle lisse, coronelle girondine, couleuvre verte et jaune, couleuvre d’Esculape, couleuvre à échelons, couleuvre de Montpellier, couleuvre vipérine, couleuvre à collier, vipère aspic, vipère d’Orsini.
La grande majorité des cas de serpents trouvés dans les maisons concernent la couleuvre de Montpellier. C’est un serpent impressionnant car il est très rapide et peut atteindre une belle taille, mais il est inoffensif pour l’homme.
Pour toutes ces espèces, le meilleur réflexe est d’appeler le SOS serpents le plus proche :
Un serpent est rentré dans ma maison, que faire ?
Le SOS serpents permet d’apporter des conseils sur les bons gestes à avoir, qui dépendent du cas de figure. Le cas échéant, une personne peut se rendre sur place pour déplacer l’animal. Dans tous les cas,il est strictement interdit d’essayer de le blesser ou le tuer, tous les serpents sont protégés en France.
Conclusion
En nous partageant son expérience et son point de vue d’expert, Nicolas nous fait comprendre à quel point il est important de s’informer au sujet des serpents. Ce sont, en effet, des animaux discrets et souvent inoffensifs pour l’être humain, bien loin des mythes et autres fausses informations communément véhiculés. Le rôle d’expert en faune tel que Nicolas est en ce sens essentiel, notamment auprès des enfants.
Par ailleurs, ils révèlent des traits fascinants : ils se chauffent littéralement au soleil (la température de leur corps dépend de leur environnement) , ils muent plusieurs fois dans l’année, ils sont sourds mais sensibles aux vibrations (de votre pas par exemple, lorsque vous les approchez), leur langue permet d’analyser (chimiquement) leur environnement, etc.
La LPO PACA a mis en ligne des informations de contact à utiliser si vous avez besoin d’informations ou d’aide suite à la découverte d’un serpent « SOS Serpents« .
